J'épprouvais le besoin d'être un peu seule.. je me mis à songer.. songer à quoi.. la maison abandonnée sans doute.. hier il m'a dit que je n'aurais plus droit d'aller à la maison abandonnée.. il m'a dit que je ne devais plus y aller.. que ceci serait bientot fini.. moi je n'y crois pas. je n'y crois plus.. c'est une blessure irréparable. une blessure qui malgrè tout le bonheur du monde ne pourrait pas cicatriser.
Il est trop tard, trop tard. Et j'ai revu en quelques instants les yeux d'une enfant de 15 ans qui pleurait devant un grand portail noir.. la voiture d'un monstre qu'elle aurait voulu tuer.. un cerceuil qui sortait par la fenêtre.. des enfants orphelins.. des tas de gens dans la chapelle et tant d'autres en dehors.. et tout cela ressemblait à un vrai cauchemard..
ils la regardaient tous.. des regards de pitié.. de compassion.. puis une famille qui se disperssait dans tous les sens.. le cortège qui se terminait sur la route.. j'érrais à travers la foule sans savoir qui j'étais ni où j'allais.. je suivais des gens.. des gens dont j'ignorais l'identité.. et ils me serraient dans leurs bras.. mais aucun ne savait me dire où je devais aller.. alors j'allais au hasard et le hasard me reconduit à la maison abandonnée. Et aujourd'hui il me dit que je dois oublier.. oublier le souvenir d'un bonheur..le souvenir de lui, de nous, de toute notre vie.