Les origines des mouvements Techno
Une « rave » ou « rave party » est une fête techno se tenant généralement dans un lieu inhabituel, tel une forêt, un champ, une grotte, des bâtiments divers désaffectés ou non.
Cette division du mouvement Techno visant deux publics différents est apparue d'abord en France dès le milieu des années 1990, notamment sous l'impulsion des « Spiral Tribe » qui commençaient alors à utiliser le terme de « Free party » sur leur affiches plutôt que celui de « rave ».
Cet afflux de population vers le mouvement « traveller » le place alors à un niveau de visibilité qui lui vaut une vague de répression « musclée » qui politise un mouvement qui se voulait surtout pacifiste. Cela le prépare favorablement à accueillir tout mouvement « opprimé » et donc naturellement la techno dès qu'elle sera attaquée par la répression et la législation.
En effet, traditionnellement au Royaume-Uni, les clubs ferment à l'heure où le permis de vente d'alcool expire. En ajournant volontairement leur licence de vente d'alcool, ces clubs peuvent non seulement rester ouverts toute la nuit mais aussi être ouverts aux mineurs. Ces clubs proposent des boissons énergisantes type « smart drink » ou « energy drink » pour compenser le manque à gagner sur la vente d'alcool. Cette situation ira de mieux en mieux, attisant les foudres des propriétaires de bars et des producteurs d'alcool, de sorte qu'en 1988, la loi impose aux clubs de fermer à deux heures du matin.
En mai 1992, « Avon Free Festival » est le premier festival techno gratuit organisé de manière clandestine et à grande échelle : trois jours de musique ininterrompue sont organisées à Castlemorton (Angleterre) pour des milliers de « ravers », au mépris total de la loi britannique.
Le gouvernement réplique et, le 3 novembre 1994, le parlement britannique vote la clause « Criminal Justice Bill du Criminal Justice and Public Order Act » qui définit la rave comme « un rassemblement en plein air de cent personnes et plus (autorisées ou non à occuper le lieu) dans lequel de la musique amplifiée caractérisée par des pulsations répétitives est jouée pendant la nuit ».
Cette loi permet entre-autres aux policiers de forcer les « ravers » à évacuer les lieux s'ils génèrent des nuisances et les contrevenants s'exposent à des peines de prison. Cette loi poussera de nombreux « sound systems » britanniques, dont les Spiral Tribe à s'exiler, notamment en France, créant ainsi le mouvement « Free party».
Il sera alors intégré au « Illicit Drug Anti-Proliferation Act » : ce texte rend responsable les propriétaires de clubs ou les organisateurs d'événement de la consommation de drogues dans leur établissement ou pendant leur événement, ce qui place la promotion de « toute rave, danse, musique ou événement de divertissement dans lequel les organisateurs savent ou peuvent penser qu'il sera fait usage de substances illicites » au niveau de crime fédéral. Ce texte a été abandonné en février 2005.
Une grande vague de répression suivra cette circulaire et, fin 1998 (surtout suite à des événements comme la techno parade), les Ministères de la Défense, de la Culture et de l'Intérieur signent une nouvelle circulaire où une nette distinction est faite entre les organisateurs qui font une demande auprès des services administratifs : d'une part les organisateurs de « raves » payantes pour la plupart et d'autre part ceux qui organisent clandestinement c'est à dire les organisateurs de «free party ».
Cette circulaire opère alors une véritable scission entre les deux mouvements, tant musicale que légale, même si cette division s'était déjà opérée devant le succès grandissant des rave parties comme les Boréalis (cycle de festivals techno ayant lieu en été dans le sud de la France de 1993 à 2000) dont les derniers n'étaient plus clandestins avec l'instauration de « contre-festivals » tel que les « Fuck boréalis ».