• Choc émotionnel

    hier aprem ma grand mère est venu passer un peu de temps avec moi à l'appart. on a bien parlé. elle m'a ammené une choucroute faite maison, avec un salade de tomates au thon etc ainsi que des churros et des bonbons..c'est vraiment la plus adorable des mamies.

    à 18h j'ai été voir Marcelle à la clinique. c'était difficile de la faire manger. elle n'a pas avalé grand chose.

    je suis sortie de la chambre à 19h00. je marche dans le couloir un peu désolée de voir Marcelle qui refuse de reprendre des forces quand soudain je passe devant une porte ouverte. les yeux grands ouverts, mon coeur sursaute.

    Marc ! oui, le hasard m'avait fait passer devant la chambre de mon ami en train de mourrir du cancer. je décide d'entrer, je lui dis bonjour. il me reconnait par ma voix car il est totalement aveugle. il demande à sa femme de nous laisser seuls.

    il me dit qu'il est persuadé qu'on l'a poussé..que c'est pour ça qu'il s'est tassé les vertèbres.vous m'aurez compris s'il fait un séjour à la clinique ce n'est pas tant pour son cancer car il souhaite mourrir chez lui mais parce qu'il a fait une mauvaise chute.

    je lui demande comment ça s'est passé, il abrège la conversation en me disant "je te dis qu'on m'a poussé c'est tout". je sais très bien que ce n'est pas vrai, il dit ça parce qu'il est trop fière pour avouer qu'il est faible et qu'il ne peut plus tenir sur ses deux jambes. je ne dis rien.

    je lui parle comme si de rien n'était. je fais comme s'il n'était pas malade, comme s'il n'allait pas mourrir, comme si on s'était croisés dans la rue un jour où il allait encore très bien. je lui parle en amie, sans compassion, sans pitié car je sais que ça lui serait très désagréable.

    je sais qu'il n'y voit pas mais pourtant je le regarde dans les yeux pour lui parler. comme s'il n'avait rien de différent. c'est le meilleur des respects je crois.

    je ne sais pas si vous imaginez à quel point c'est difficile de rester indifférente comme ça face à quelqu'un qui va bientot mourrir.

    puis il me coupe la parole.

    lui :ma chérie comment tu fais pour me parler normalement, comme si de rien n'était? tu es la seule qui ne me traite pas avec pitié. je ne supporte plus leur compassion. ma femme.. j'en peux plus.. elle m'étouffe à vouloir toujours m'aider. j'en peux plus. je suis pas un poupon.

    moi : je sais Marc. je sais j'ai vu. qu'est ce que tu veux que je te repondes. je te parle sans compassion parce que je sais que ça te blesserais. je lutte pour m'empecher de dire une betise comme toi tu te bats. et pour V., tu sais ça part d'une bonne intention. c'est parce qu'elle t'aime. quand on se marie c'est pour le meilleur et pour le pire, c'est normal.

    marc : et je suis le pire.. j'aurais voulu que les choses se passent autrement. mais pourquoi, pourquoi moi ça je l'sais pas. je m'inquiete.

    moi : je ne sais pas. les gentils partent toujours en premier, c'est comme ça. moi aussi j'aurais préféré qu'il en soit autrement, mais on ne peut rien y faire. pourquoi est ce que tu t'inquietes marc?

    marc : pour V., je n'en peux plus de lui imposer ça. le spectacle de ma mort. je la sens qui est là près de moi, dans ses silences elle souffre. je lui fais du mal. tu te rends comptes de ce que je lui infliges.

    moi : je sais marc. mais elle t'aime, elle t'aime elle veut te soutenir. ce n'est pas de ta faute, tu n'as pas choisi.

    marc : oui.. tu es quelqu'un de bien ma chérie. je me souviens quand tu étais petite.. que de bons souvenirs.. que de bons souvenirs je garderais de toi. je vais te dire quelque chose : bats toi, ne baisses jamais les bras. je veux que tu continues tes études. tu feras de grande choses dans ta vie. je le sais. ais confiance en toi. tu admires ta grand mère, c'est quelqu'un d'exeptionnel. tu l'admires sans savoir que tu es la meme. ais confiance en toi, tout te réussi. Fais attention à toi surtout, j'ai entendu parler des personnes qui te veulent du mal au dessus de chez toi. méfies toi des gens.

    (à ce moment là j'ai les larmes aux yeux, il me prend la main)

    moi : merci marc. tu sais moi aussi.. moi aussi je t'oublierais jamais. laisse parler les gens ce n'est pas grave.

    marc : si tu savais comme ça me fait plaisir que tu viennes me voir. tu peux venir aussi souvent que tu veux. tu seras toujours la bienvenue. je suis méchant avec V. je sais, mais je supporte pas ça. je ne supporte plus cette situation. je ne dis rien mais je ne supporte plus de souffrir. je veux me battre encore mais je commence à manquer de force. j'veux pas qu'on m'aide. je m'inquietes pour elle. qu'est ce qu'elle va devenir sans moi. elle saura pas se débrouiller toute seule. mon dieu mais qu'est ce qu'elle va devenir sans moi. je sais pas.

    moi : je reviendrais te voir demain alors. ne t'inquietes pas pour V. on sera tous là pour elle. elle se débrouillera t'en fais pas, on l'aidera.

    marc : bon..maintenant il faut que tu t'en ailles. ça suffit pour aujourd'hui. je veux etre seul avec ma femme. fais la venir s'il te plait. allez vas t'en. à demain ma chérie.

    moi : d'accord marc. passes une bonne soirée. à demain.

    marc : merci d'etre venue. oui à demain.

    ******************************************************************

    je suis repartie à 20h15. j'ai parlé à sa fille, mon amie aussi. j'ai attendu le retour de V. pour lui dire aurevoir. je leur ais dit qu'on se revoyait ce soir. en prenant l'ascensseur j'essayais de contenir mes larmes. c'était dur. mais face à elles je n'avais pas le droit de pleurer.

    juste le temps de rentrer à l'appart.. 20h30 je grimace.. et puis je craque. depuis hier soir je n'arrive plus à retenir mes larmes. je n'arrive plus à dormir et chaque truc que j'éssais de manger je le vomis. premiere crise de boulimie depuis pas mal de mois. ça recommence.

    j'ai mal. putain qu'est ce que j'ai mal. mon coeur souffre. j'ai mal putain j'en peux plus.

    j'ai fini par les prendre ces putain d'anxiolitiques. j'suis à bout.

    j'viens de me disputer avec mon pere au téléphone. il manquait plus que ça.

    il m'a encore bléssé. c'était pas le moment.


  • Commentaires

    1
    Dimanche 15 Juillet 2007 à 15:57
    C'est drôle...
    Comme le cours d'une journée peut-être ponctué de situations variées... 2007 est pour vous l'année de toutes les épreuves humaines... Encore félicitation pour la réussite à votre examen... Merci de votre visite. Bien à vous très chère Isag. Armanny
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