• Les temps sont durs..

    après m'etre disputée avec mon pere je suis allée à la clinique voir ma collocataire.

    elle est déshorientée.elle me demande ou on est. elle n'avale pas grand chose meme si on lui force un peu la main. aujourd'hui pour la premiere fois depuis qu'on se connait elle m'a dit que j'étais gentille. je n'espere pas trop quand à ses chances de survie, sans alimentation suffisante elle ne reprendra pas de forces.

    ensuite je suis allée voir marc. quand je suis arrivée il y avait un silence de marbre dans la chambre. C. et V. ne parlaient pas. il se reposait. les médecins ont réussi à trouver un médicament qui ne lui fasse plus ressentir la douleur. il dit qu'il va mieux, n'en reste pas moins qu'il ne lui reste que quelques jours à vivre maximum ce sera fini pour lui la semaine prochaine m'ont ils dit. ils m'ont aussi avoué qu'ils n'avaient jamais vu quelqu'un qui se bat autant pour survivre.chaque minute est un combat contre la mort.

    il est courageux, tellement courageux. il ne se plaint meme pas alors qu'il est en train de mourrir. il ne se bat pas pour lui, mais parce qu'il ne veut pas laisser les siens dans la douleur. et pourtant, il se bat pour quoi.. il se bat contre le vent.. car on connait déjà l'issue de l'histoire. il n'y en a pas. il est condamné à accepter sa propre mort. se sentir mourrir à petit feu, avoir la volonté de survivre plus que jamais mais plus du tout la force ça doit etre difficile.

    ce soir encore j'ai lutté pour jouer les indifférentes. faire comme s'il n'allait pas mourrir, comme si demain il allait rentrer à la maison. il m'a fait mal d'ailleurs.

    il a lancé un : toi tu t'en fous de ce qu'il va se passer

    sa femme m'a fait signe de garder le silence. je lui ais pris la main en lui disant :

    ne dis pas ça marc. très vite nous avons changé de sujet.

    puis soudain je ne sais pas ce qu'il s'est passé il a perdu connaissance.

    moment d'agitation. on a appelé les infirmieres. elles nous ont fait sortir de la chambre.

    je me demandais vraiment si c'était sa derniere heure. je me disais qu'il pouvait pas me faire ça. il pouvait pas mourrir alors que j'étais là à coté, que nous étions là. ça m'aurait fait tellement mal.

    il est revenu à lui quand meme. mon ami le soldat. les infirmieres nous ont dit qu'il fallait qu'on s'en aille, qu'il fallait le laisser se reposer. on est allé lui faire la bise.

    comme toujours il me prends la main. "merci de ton dévouement ma belle"

    que repondre à ça..rien du tout. "je repasserais te voir mardi marc"

    "...on se retrouvera la haut ma belle"

    "d'accord marc. bisous."

    il a dit ça comme s'il savait qu'il allait mourrir avant que je revienne.

    ça m'a fait mal. j'aurais tellement voulu qu'il en soit autrement.

    j'ai repris un ptit cachet ce soir. ça va un peu mieux en prenant ce truc là.

    je vais voir un psy dans la semaine. plus que quelques jours de vie mon ami.

    le plus difficile ce sera l'enterrement..ou je ne sais pas.. peut etre que le plus difficile c'est là, quand je le vois lutter pour finalement mourrir. le plus dur c'est de le voir souffrir.

    ça fait mal. oui ça fait mal de le voir souffrir lui et ses proches. ça fait mal.

    je vais y retourner demain soir je pense. je veux pas le laisser. la fin est si proche.

    dans la salle d'attente j'ai vu une mere et son fils repartir les larmes aux yeux avec les affaires personnelles du monsieur qui était mort.. ils ont meme emporté son coussin..pourquoi..

    je m'imaginais déjà le jour de la mort de marc. ça sera la meme chose. c'est dans pas longtemps.

    C. et V. ont pris mon numéro. pour quand ils apprendrons que marc vient de mourrir. pour que je sois prévenue. que je ne trouve pas la chambre vide en arrivant. je pense que je ne le digererais pas.

    voilà...j'espere qu'il va mourrir sans avoir mal, comme ça dans son sommeil.

    passes une bonne nuit marc.


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